Une fois n'est pas coutume, nous avons laissé Colombe seule à Moscou avec la nounou pour passer deux jours à dos de motoneige en Carélie avec Matthieu et Fanny (sans leur Léon aussi).
Qu'est ce que c'est la Carélie ? Chef lieu, Pétrozavodsk, c'est une des 82 régions administratives de la Fédération de Russie, grande comme un tiers de la France et avec 3 habitants au kilomètre carré, 20 000 lacs et 60 000 rivières et 85% de forêts.
Elle se situe à 1000 km (ou 14h de train de nuit) tout à fait au nord de Moscou, au départ de Léningradski Vokzal, la gare qui dessert au Saint Pétersbourg (anciennement Léningrad, d'où le nom de la gare).
La fiche wikipédia est ici pour les curieux.
Le but du voyage, en plus de l'activité ludique de la motoneige, était d'aller découvrir ce grand nord Russe et de se payer une bonne tranche de Russie authentique en même temps. Nous n'avons pas été déçus.
Tout a été à la hauteur de nos attentes, à commencer par les 28h de train (nuit de vendredi et nuit de dimanche). La Russie sans train de nuit, c'est comme un voyage en train de nuit en Russie sans Vodka : il y aurait quelque chose qui manquerait. Les distances sont telles et les infrastructures aériennes ou autoroutières tellement précaires que le train de nuit est très développé, fiable et finalement agréable. Daphné et moi aimons beaucoup ce moyen de transport. Nous avions réservé un compartiment de 4 lits avec nos amis. Chaque wagon est équipé d'une charmante demoiselle de la SNCF russe, qui est chargée de vérifier les billets, de taper à la porte de la cabine à 1h de l'arrivée en gare le matin, mais aussi de servir un bon thé brulant du Samovar et de s'assurer que tout va bien.
Un bon diner dans la cabine, un jeu de cartes et un bon vin rouge (aie, pas de vodka) nous ont permis de passer une super soirée avant de s'endormir avec le rouli du train au rythme paisible (parfois 40 min d'arrêt dans une gare en pleine nuit).


Nous sommes donc arrivés frais et dispo à la gare de Pétrozavodsk le samedi matin. Le jeune Roman, natif de la ville et francophone averti, nous y a accueilli ainsi que le reste du groupe (10 russes) majoritairement en provenance de Moscou. Ce Roman est un bon exemple du système éducatif Sovietique-puis Russe. Il est lettré, parle couramment l'anglais, le français et l'italien et vit 6 mois d'hiver en Carélie à travailler avec des touristes comme nous et 6 mois d'été en Sicile pour guider les hordes de touristes russes qui découvrent l'Italie. Très sympa.
1h30 de bus jusqu'à la base, où l'on constate qu'en effet, la région n'est pas surpeuplée. La base est constituée de jolis cottages au milieu de la foret et au bord d'un lac, le tout complètement noyé sous une belle neige propre et dans un silence molletonné.
Les choses sérieuses ont commencé en début d'après midi quand nous avons reveti nos combis de motoneige, suivi un cours de pilotage et entamé les 80 kilomètres de sentier entre les sapins jusqu'à la nuit tombée. Super impression de vitesse. Daphné s'est débrouillée comme Sébastien Loeb. Nous nous sommes arrêtés dans un village traditionnel pour un repas, avant de rentrer, plein phares dans la nuit noire, sous un magnifique ciel étoilé.
De retour à la base, nous avons fait honneur au très beau bania (sauna) en bois ainsi qu'au ponton et au très beau trou percé dans le lac gelé avec echelle pour aller se plonger entre deux sessions à 100 degrés. Le sentiment de bien-être physique que l'on ressent après un bania est l'une des nombreuses choses qui nous manqueront après la Russie. Un bon repas, quelques questions de trivial pursuit pour réaliser à quels points nous sommes nuls en littérature / sport (selon celui qui répond), nous passons une super nuit dans le cottage en bois.
Le lendemain, journée plus froide (-16°) et donc plus belle, avec un levé de soleil superbe alors que nous étions déjà en route pour la deuxième session de 80 km.
L'un des moments forts du week-end restera la visite d'un monastère de 15 moines, situé près d'un lac gélé, magnifiques couleurs, architecture, silence et lumière. Un lieu et un moment hors du temps.
Retour en minibus à Pétrozavodsk et ses -26° du dimanche soir pour le train (toujours très bien chauffé) de Moscou à 19h.
Arrivés à 09h06 le lundi matin, douche rapide à la maison et direction le travail pour moi, le jardin d'enfant pour retrouver Colombe (à sa session bi-hebdo) pour Daphné.
Donc c'est un grand "DA" que j'ai répondu aux collègues qui m'ont demandé à la pause de 10h30 si j'avais passé un bon week-end.










